Recevoir un avis de passage pour un recommandé c’est tout à la fois inquiétant et angoissant. Inquiétant car on se pose toujours la question de savoir ce que c’est. Une facture impayée ? Un redressement fiscal ? Une jolie amende d’un radar automatique ? Bref, on ne sait jamais. Angoissant aussi de devoir rencontrer madame La Poste le samedi matin et de devoir attendre une heure son tour car on ne sait pour quelle raison le troisième guichet est toujours fermé. Pourtant, en ce samedi, tous ces petits tracas s’étaient envolés quand j’eu la surprise de constater que mon recommandé était le premier disque de Mikhail.
Pour beaucoup d’entre vous, ce nom est inconnu. Seuls quelques fans avisés de Björk auront reconnu son nom car ce fut la véritable surprise de l’album de covers dédié au titre Army Of Me. Loin de constituer une reprise à part entière, le morceau Untitled In C Minor est dépareillé à merveille des autres reprises souvent trop linéaires. C’est sans doute pour ça que Björk l’avait retenu, pour sa sensibilité à fleur de peau, pour sa force baroque, pour sa voix incroyablement haut perchée, pour son lyrisme effréné et pour ses touches électroniques disparates. Imaginez alors tout un album , aussi grandiose et aussi céleste : ça donne simplement un chef d’œuvre ! Un de ces disques comme on les aime, un croisement parfait entre musique de chambre baroque et electronica. Björk ne s’y est pas trompé et avec Asteris (deuxième morceaux de l’album), Mikhail n’est pas loin d’égaler (voire de surpasser ?) les derniers travaux de l’artiste islandaise. Le reste de l’album poursuit cette orfèvrerie en douze compositions comme autant d’étoiles au firmament de leur art. On est sidéré qu’un tel album, sorti l’année dernière, soit resté anonyme et inconnu par la presse dite spécialisée...
Orphica est sans nul doute un des albums les plus "modernes" qui soit. Un condensé entre musique classique contemporaine, avant-garde électronique et pop, le tout rehaussé par une voix toujours limite, toujours plus haute, qui pousse, elle-même, les compositions vers des sommets de perfection. Ecouter Mikhail s’avère proche de ce que l’on a toujours rêver d’entendre mais jamais à ce point obtenu (ou très rarement). Une œuvre hautement personnelle, parfaite passerelle entre expérimentations électroniques et mélodies lyriques. Un œuvre sidérante à vous couper le souffle, décuplant à chaque minute qui passe le plaisir auditif.
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