Canasta est un groupe américain, de Chicago précisément. Pour autant, rien à voir là dedans avec la musique qu’on à l’habitude d’entendre de ce côté de l’Illinois, à savoir les montées de fièvre post-rock. On a affaire ici à de la "pop music de chambre". C’est eux qui le disent.
Composé de 6 musiciens et mené par Matt Priest (voix et paroles), Canasta propose des chansons variées en couleur et en intensité à base de : clavier, clarinette, voix, guitares, piano, basse, trombone, percussions, batterie ou violons. Les arrangements de cordes sont à ce titre plutôt appliqués, à la mode d’un Divine Comedy. Ce n’est probablement pas le seul lien qu’on peut trouver avec le groupe de Neil Hannon. La voix parfois y trouve un accent assez proche de ce dernier. Parfois on imaginerait aussi un Adam Green dans les lignes de chants à la limite du crooning. Ou du Beat Happening peut être aussi.
Peut être irritante au départ, la voix sait convaincre sur la longueur même si le timbre et les lignes de chant du chanteur ne brillent pas vraiment par leur originalité. Même si bien placée, bien posée, bien soutenue par d’autres voix (masculines ou féminines).
C’est le reproche qu’on pourrait faire à Canasta. C’est bien mené, c’est varié et c’est énormément travaillé. Mais on reste un peu sur sa faim.
Peut être un peu académique ou trop propre ; trop beau pour être honnête. Ou peut être beauté froide. Celle qu’on admire mais de loin parce que bon. Difficile avec ça de se laisser aller et d’y croire. Je parle du disque là ; pas de la beauté froide.
On passe en tous cas de bons moments de çi de là et certains morceaux méritent le détour ("Slow Down Chicago", "An apology", "Sympathetic vibrations" qui porte bien son nom) mais il semble que Canasta ait encore des choses à prouver. Bel effort : ils ont le talent américain pas encore la classe anglaise.
Canasta