Bocage, trio nantais, sort enfin son premier album. Enfin, car à l’écoute d’une des 4 démos sorties par le groupe, on pouvait espérer une première concrétisation sur disque. C’est chose faite. Et disons que nous ne pouvons pas être déçus.
On retrouve bien le style que Bocage sculpte avec rigueur, patience et détermination. C’est un premier bon point à noter : on sait qu’ils cherchent, qu’ils fouillent, qu’ils travaillent avec ferveur et refusent toujours la facilité, le riff bien placé ou la chanson opportuniste. Certains devraient en prendre de la graine.
Entre post-rock, un rock teinté de groove et une pop scintillante, Claire (chant, pianet, mini percussions), Benoît (batterie) et Timothée (guitare, voix) tissent une musique personnelle, tantôt en français, tantôt en anglais, mais plutôt d’inspiration d’outre atlantique que du vieux continent. Encore que, comme le nom l’inspire, Bocage, sait puiser à la source les racines de sa musique délicate. Il sait raconter des histoires de la vie quotidienne, non sans quelques accents caustiques bien placés mais toujours avec une ambiance générale tournée vers l’onirique.
Tout cela se retrouve d’ailleurs dans la très belle pochette du disque, avec un « homme-feuille » comme tête de proue et une très réussie photo en noir et blanc, qui décrivent sans le dire, le côté bucolique, délicat et poétique de ce disque, entre part d’ombres et morceaux de lumière.
Les 8 titres de « 0.2 » (en référence aux versions 0.2 des logiciels), s’éclairent toujours d’une base batterie-guitare efficace et inspirée, à laquelle Claire ajoute un enrichissement mélodique, au pianet et à la voix. Et c’est sûrement, à mon sens, le grand pas en avant du disque par rapport à la démo. La voix de Claire, plus sobre, moins emportée, colle mieux à la musique et trouve ici, sa propre expression. Comme les « migrant birds » décrit dans le quatrième morceau, Bocage sait d’où il vient. Et après avoir voyagé à travers différentes contrées du côté des Amériques (Chicago, New-York), il reconnaît toujours le chemin du retour. A travers un instinct, des couleurs, des odeurs et des images, véritables boussoles de cet itinéraire musical.
Bocage à son retour devrait être accueilli en vainqueur. Comme le premier aviateur qui a traversé l’Atlantique sur une coque de noix à peu près volante. Ils n’ont pourtant pas pour l’instant réussi à trouver preneur du côté des labels. Ca ne saurait tarder on l’espère. Ces expériences d’autoproduction, comme autant de voyages, en resteront sûrement quelques nouvelles sources d’inspiration auxquelles quelques privilégiés pourront venir se reposer, se détendre, se rassasier et admirer les paysages.
Définitivement : i love bocage.