Avant même de débuter l’écoute de "Un An", on prend le temps de découvrir l’identité de son créateur... forte et personnelle, comme ce nom qui suggère le silence et cette image pénétrante mais froide qui orne la pochette. Il y a encore ces textes qui racontent des instruments, des villes étrangères et des poésies. On se prend déjà à songer qu’Atone parle de l’intime, le sien et éveille celui de l’auditeur. A partir de là, Antoine Monzonis-Calvet - ingénieur du son et musicien schizophrène - n’a déjà plus rien à prouver puisque ces morceaux trouvent leur origine dans ce besoin de traduire, au plus près, avec des notes et des ambiances les choses vécues.

Puis vient l’écoute qui traduit cette obsession des metteurs en son de Brian Eno à Mark Nelson, de Tangerine Dream à Sylvain Chauveau de jouer des tessitures et des timbres comme de notes et de penser la musique comme des paysages. Atone fait partie de ceux-là qui nous invite à un voyage immobile où il suffit de fermer les yeux. Sur ces Plateaux de Miroir (Harold Budd/Brian Eno AMBIENT2), les nappes se déroulent presque à l’infini.
Le résultat est souvent très évocateur, parfois onirique mais quelque fois aussi un peu trop terrien lorsque l’on entend les ficelles derrière le montage sonore. Cependant, ces quelques trous d’air ne retirent rien à la réussite de ce projet qui nous laisse ces quelques mots en écho une fois que la musique s’est tue :
"Les cordes qui nous lient, nous relient, et la dernière note d’un piano qui traîne... en résonance jusqu’à la rupture."