Périlleux est l’exercice du piano solo car tout comme le funambule sur sa corde, sa beauté tient à peu de chose. Ce peu de chose qui oscille entre la perfection des envolées improvisées de Keith Jarrett et les mélodies sirupeuses de Richard Claydermann.

Parmi les derniers essais en date celui de Giovanni Mirabassi a retenu toute notre attention car son opus sobrement intitulé "Cantopiano" nous offre quinze reprises de chansons françaises. De Brassens à Alexis HK et de Serge Lama à Jeanne Cherhal en passant par Dalida, le répertoire du pianiste italien a le don d’être éclectique et risqué, et parfaitement ancré dans l’esprit de l’auditeur français. Pour autant, Giovanni Mirabassi s’en sort avec brio avec un touché juste et subtil, insufflant à chacune de ses reprises une maîtrise qui laisse sans voix. Pas tapageuses ni totalement improvisées, ces re-compositions se dévoilent pas à pas avec élégance et un romantisme raffiné. L’autre atout du pianiste italien est d’avoir composé un répertoire de chansons peu connues ou reconnues -(Manon pour Serge Gainsbourg ; Cécile pour Nougaro)- tant est si bien que l’auditeur finit par se laisser bercer par ces notes savamment orchestrées où la comparaison inconsciente avec l’original ne tient plus lieu de place.
Cantopiano est un bel album ouvert à tous, un opus solitaire parfaitement abouti pour tout auditeur aimant les sentiers balisés, mélodiques et connus. Pour les autres, ceux aimant les hors-pistes et les chausse-trapes aléatoires, Cantopiano s’avère (sans être désagréable) un tantinet trop linéaire et équilibré. Dans le même exercice de style on lui préférera la fougue de Yaron Hermann (Variations : Piano Solo) ou le modernisme d’Edouard Ferlet (Par Tous Les Temps).
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