Dans le folk, c’est un peu comme partout ailleurs, il y a les premiers de la classe (Sufjan Stevens, Will Oldham) qui vous pondent systématiquement des albums renversants avec une régularité qui en deviendrait presque énervante, ceux qui se sentent obligés d’en faire toujours trop pour se faire remarquer (Herman Düne, Devendra Banhart), ceux qu’on préfère en secret parce que parfois ils vont vous faire vibrer intimement (M. Ward, Mark Kozelec) et puis les excités du fond qui mettent un bordel joyeux et fascinant (Animal Collective, Mugison)... tout ça c’est sans évoquer les passables qui annonent leur Neil Young ou leur Dylan encore et encore, sans inspiration.
Bref, cette longue introduction un peu laborieuse du chroniqueur délivrant une vision subjective et personnelle peu susceptible d’intéresser le lecteur, n’existe que pour nous amener à évoquer Farryl Purkiss... C’est comme ça dans une vie de modeste chroniqueur, on reçoit parfois par la Poste un paquet dans lequel se trouve des bouts de vies inconnues sous la forme de disques dont on n’arrive pas à comprendre comment ils sont arrivés. C’est le cas de l’album 3 titres ( ???) de ce jeune musicien d’Afrique du Sud.
Farryl Purkiss fait donc partie de la catégorie de ceux qui ont tout pour réussir : physique à la fois engageant mais tout de même un peu mystérieux, sens mélodique assuré, travailleur studieux capable de vous enchaîner un couplet/refrain avec un pont surmonté d’un petit solo de guitare avant de conclure sur une reprise du refrain joué du bout des doigts. D’ailleurs il me fait un peu penser à son aîné Loyd Cole. Le problème de ceux qui ont tout pour réussir, c’est qu’ils produisent des chansons particulièrement réussies comme Ducking and Diving, sans qu’on arrive à se dire qu’on y reviendra au delà du plaisir immédiat qu’on éprouve immanquablement à leur écoute... Alors voilà, l’été débute et je vais céder au plaisir simple d’écouter encore quelques fois cette mélodie rafraîchissante tourner dans ma tête.
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