Teintures rouge vif. Trois coups secs sonnent sur le parquet. Le rideau se lève. Sur la scène, un piano solitaire. Un large piano noir laqué aux touches bicolores. Silence. Léger son. Petits murmures. Quelques notes au piano emplissent avec grâce la salle. Des notes claires au charme profond. Douces mélodies tantôt graves, tantôt aériennes. Puis vient une voix. Une voix sans pareil. Une voix sans phrase, sans mots distincts, juste une voix. Une voix masculine haute perchée. Une voix baroque qui en rappelle une autre. Une voix magnifique. Rien d’autre.
Bienvenue dans le monde de Rougge qui signe en ce début d’année son premier album : Fragments. Onze fragments, onze histoires sans mots, sans verbe où se conjuguent à merveille piano et voix. Onze fragments habités, émouvants, à fleur de peau soutenus par une sensibilité sans pareille, que l’on retrouve aussi bien dans le chant que dans les mélodies. Une sensibilité unique qui rejoint par certains côtés celle d’Anthony ou de Tom Yorke. Autant de voix et d’univers atypiques où la sensibilité se place au centre de tout. Une sensibilité sans fard et sans retenue qui au-delà du plaisir auditif qu’elle procure donne la chair de poule.
Si ce début d’année musicale est à l’image du premier album de Rougge, gageons que cette dernière sera exceptionnelle.
Blog de Rougge / Son Myspace