Qu’est ce que le jazz ? A cette épineuse question, point de réponse tout faite si ce n’est, parfois, quelques clichés mal fagotés. En vérité, le jazz n’est pas seulement vocal mais non plus, exclusivement, instrumental. Le jazz s’apprécie autant pour ses mélodies que pour ses moments free tout à l’image de son écriture parfois posée souvent improvisée. Mélange de cadre définis et de règles aboulies, le jazz se définit par son audace et sa liberté comme atteste le premier album de Enoz.

Quintet formé de Pierre Dayraud (batterie, percussions), Cathy Tardieu (cristal Baschet, tôle à voix), Marc Demereau (électroniques, saxophone, scie musicale), Jean-Denis Rivaleau (batterie électronique et acoustique) et de Laurent Paris (percussions, ballon, flûte, objets) ce premier album d’Enoz s’aborde comme un carnet de voyage imparfait fruit des influences conjuguées de ses différents membres. En ressort onze compositions hétéroclites, plus ou moins courtes, plus ou moins sophistiquées ou l’art de la rythmique en est le noyau dur sur lequel gravitent sons et sonorités recyclés ou broyés. En ce sens Enoz n’est jamais à court d’idées et conjugue instantanés d’Afrique (Groove 32), clichés industriels (Atelier Clandestin), rythmes d’Asie du sud (Dehors Y’a Du Bruit) sous fond de bribes cuivrées, de gimmicks electro détraqués ou de bruits cristallins.
Pas aussi free que l’on peut le penser, ce premier disque d’Enoz est un constant « work in progres » sans cesse en (dé)construction ou la rythmique omniprésente déploie des trésors d’inventivités au profit de mélodies à géométries variables qui ne cessent de se dévoiler au fil des écoutes.
Myspace du groupe