Sparrow (moineau) est le qualificatif désignant, à HongKong, les pickpockets qui virevoltent dans les rues de la ville. Sparrow c’est aussi le titre du denier film de Johnnie To (Election, Breaking News, Full Time Killer...). Un petit film frais et vivifiant qui relate les mésaventures d’une bande de pickpockets confrontée à l’un des caïds de la ville. Si le film ne s’avère être l’un des meilleurs de la filmographie du réalisateur chinois, sa bande originale, en revanche, est une grande réussite musicale. On la doit à deux français Xavier Jamaux et Fred Avril pas si inconnus que ça puisque le premier, membre d’Orange et d’Ollano, a déjà composé quelques BO pour Jean-Pierre Limousin (Tokyo Eyes 1998, Young Yakuza 2008) et le second a sorti un disque That Horse Must Be Starving sur le label F-Communication. Deux fortes personnalités musicales qui s’étaient déjà rencontrées autour de la composition de Mad Detective avant dernier film du même réalisateur.
Pour donner corps à cette magnifique BO, nos deux comparses ont puisé leurs inspirations parmi les grands noms de musiques de films des années 60. On y reconnaît l’ombre mélodique d’Ennio Morricone (Simon’s Ride), l’emprunte urbaine et feutrée de Lalo Schifrin (Gimme A Lift), le dandysme orchestral de Michel Legrand (Friends Ater All) le tout saupoudré d’exotisme chinois par l’entremise de l’erthu violon chinois à deux cordes.

Combinant orchestrations ariennes, swingue jazz, mélodies enivrantes, Sparrow s’inspire de ses illustres maîtres mais sans toutefois les copier. Les apports conjoints de Xavier Jamaux et Fred Avril donnent à l’ensemble une candeur nostalgique et sophistiquée derrière laquelle se dissimulent quelques touches bien modernes notamment dans l’utilisation des éléments harmoniques chinois au cœur des compositions. Un croisement des genres (passé, modernité – orient, occident) qui en rappelle un autre celui de Hong-kong qui combine en son sein majestueux bâtiments impérialistes et gratte-ciels asiatiques.
Petit chef d’œuvre en son genre, Sparrow est une éblouissante ballade musicale dédiée à un Hong-Kong fantasmé. Une ode orchestrale dont la beauté n’est pas prête de se faner.