Memento Rumori est le premier véritable album d’Audiopixel, qui d’habitude est plutôt derrière la console que devant. Mais soyons clair, il est doué pour les 2.
La musique d’Audiopixel est comme une météo déglinguée. Elle surprend l’auditeur. On croit qu’il fait beau et en fait, il fait froid, puis il pleut puis le soleil revient. Et un orage de blip crics et un déluge de nuages électroniques. Sa musique se joue des ambiances et des sonorités. On sent que le travail est plus qu’approfondi, que les textures de son sont consciencieusement sculptées, que les ambiances sont pensées.
Audiopixel écrit sa propre partition avec ses propres armes. Avec en guest star, la guitare, élément central de ce patchwork sonore. Autour d’elle, il tisse des toiles et des liens à l’aide d’un piano, de cordes ou d’une ligne de chant venue d’ailleurs. On savoure cette invitation rock, folk, pop, electronica ou noise qui au final s’articule autour de trois aspects : musique contemporaine / expérimentale, ambiant pop et folk.

Avec Memento Rumori comme coup d’essai, Audiopixel promet beaucoup. On se noit dans ses atmosphères toujours oniriques, parfois enfantines. Avec de grands moments qu’on repasse en boucle comme "Origami mon ami" ou "Rumori Papillon".
On pourrait trouver une ombre au tableau, dans la forme. Car dans le fond, Audiopixel a ce qu’il faut pour convaincre. Ce langage, qui lui est propre, entraîne parfois une certaine incompréhension. On comprend certains mots, certaines tournures de phrases. Mais pas d’autres. En d’autres termes, naviguant entre pop et musiques plus expérimentales, Audiopixel s’en sort bien ; mais parfois, on a l’impression qu’il hésite. Comme une certaine appréhension à faire trop simple, trop facile, trop évident. Le flou et la brume permettent de mettre magnifiquement en valeur les ambiances. Il ne doit pas devenir un masque ou un écran de fumée. C’est l’écueil majeur des disciplines contemporaines de ne pas se faire comprendre pour mieux montrer au spectateur que c’est tellement de l’art, qu’il ne peut pas l’imaginer...
Audiopixel n’en est pas là, heureusement. Et le second bémol qu’on pourrait noter est la durée du disque (30 minutes environ) qui nous laisse sur notre faim, tellement son travail est digne d’intérêt.
Audiopixel